Dishonored

Dishonored

We all start with innocence, but the world leads us to guilt.

Mon métier à moi : Lord Protector

Mon métier à moi : Lord Protector

Dishonored est un jeu qui a été annoncé sans grand tapage mais qui s’est vite démarqué par son histoire, son style et une comparaison constante et raisonnable avec deux des plus grands dans le genre du FPS : Bioshock et Deus Ex. Produit par Arkane Studios (des lyonnais ! cocorico !), ce titre semble au premier abord n’être qu’un FPS avec un peu de magie dans un univers SteamPunk. Mais permettez-moi de vous le dire, je suis très heureux de vous annoncer pleinement et entièrement, que Dishonored est une de ces grandes aventures bourrées d’action, unique par son histoire et d’une grande originalité dans son gameplay.

Il est vrai que Dishonored possède ce « quelque chose » qu’ont les grands jeux, un mélange d’élitisme et de rareté créé pour les vrais connaisseurs et les amateurs du genre. Mais aussi pour ceux qui aiment l’art complexe et beau de la furtivité et sa belle-sœur l’infiltration. Ces composantes que les bons joueurs apprécient toujours et qui malheureusement sont de plus en plus rares. Dishonored offre une aventure et une expérience unique, avec le plaisir qui donne le sentiment de jouer à autre chose. Des jeux comme celui-ci sont de douces hérésies nécessaires pour le genre et bien plus dans cette industrie de plus en plus impitoyablement monothéiste.

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Arkane Studios nous transporte dans une ville néo-industrielle dont la « vapeur » du SteamPunk aurait été remplacée par l’huile de baleine, l’énergie phare de ce monde. Dunwall est une cité qui traverse une période sombre de son histoire. Un fléau invisible s’abat sur les habitants de la cité : une peste noire qui ronge la ville par le bas pendant que le régime corrompu de l’île s’occupe des hautes sphères. Nous incarnons le Seigneur Protecteur de l’impératrice, Corvo Attano, son garde personnel qui revient après un voyage qui a duré plusieurs mois, au cours desquels notre protagoniste a visité les autres nations qui composent l’empire, afin de demander de l’aide pour faire face à la propagation de la pandémie par les rats. Après ce long voyage, nous réalisons que les rouages de la politique ont mis notre Impératrice dans une situation défavorable. Et bientôt le destin se charge de notre personnage qui subit alors un bouleversement radical dans sa vie …

Déshonoré !

Avant de parler du jeu et de la magie noire du personnage principal, Corvo, commençons par parler de l’autre personnage principal, la ville. Dunwall a été soigneusement créé, elle recèle de grands et sombres desseins et une scénographie qui nous enchante, très belle et tortueuse à la fois. Elle reflète l’esprit de son créateur l’architecte dément et génial Viktor Antonov, un personnage du jeu. La ville teintée de steampunk offre des lieux variés : des allées, des égouts, des bidonvilles, des toits avec des cheminées sales et noires qui contrastent avec les constructions des maisons aristocratiques de la ville. C’est dans ces endroits aussi divers et variés que Dishonored oeuvre et s’exprime et où notre protagoniste, Corvo, se déplace à l’abri de l’ombre. Une ville ouverte à l’improvisation et l’inventivité, où il y a toujours une autre façon, d’autres chemins, un itinéraire alternatif, un passage secret et où les différentes façons d’aborder et de remplir nos missions sont légions. Mais attention, nos actions et nos décisions auront une incidence sur la ville. Si nous provoquons un nombre élevé de décès, cela signifie plus de rats et d’affligés (malades touchés par la peste). Nos choix affectent les réactions de nos alliés et le résultat final de notre aventure.
Le titre d’Arkane Studios n’atteint pas le niveau visuel de certains «monstres» de qualité actuels. Malgré certaines textures faibles, la conception artistique est tout simplement remarquable. Les personnages cherchent le réalisme, la physique et le volume des corps sont bien construits tout étant légèrement disproportionnés. Dissimulant ainsi des lacunes graphiques, ce choix fournit plus de personnalité et de charisme à l’atmosphère générale du jeu.

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L’intelligence artificielle des personnages fonctionne correctement et en deçà de ce qu’on attend d’un jeu de cette nature, avec des gardes qui soupçonnent toute situation inhabituelle et réagissent avec force et détermination. Le champ de vision des gardes utilise le même système que le titre de la stratégie « Commandos » sous la forme d’un triangle inversé aux yeux de l’ennemi. Il est parfois un peu limité mais les gardes n’hésitent pas à donner l’alerte et faire appel à des renforts quand ils détectent notre présence.
Mais là où Dishonored nous fait pleurer de bonheur et nous éblouit comme la lame froide de Corvo, c’est par son gameplay, de l’or pur authentique pour les joueurs recherchant quelque chose de vraiment bon, de riches expériences gourmandes et jouables. Le titre d’Arkane offre une jouabilité pleine de liberté, de possibilités et une grande flexibilité dans ce vaste monde et différentes façons pour réaliser nos objectifs. Dans chaque mission, il y aura de la place pour l’exploration, nous permettant de découvrir et de tâtonner sur plusieurs voies possibles pour atteindre notre proie. Une fois à l’intérieur, nous sommes également devant plusieurs options différentes pour neutraliser nos victimes. Nous avons en effet la possibilité de choisir, entre un torrent de violence, une manière plus discrète et élégante et même utiliser de manière tordue, les objets environnants.

Mais toutes ces possibilités seraient inutiles sans un personnage à la hauteur de ces circonstances. Corvo réagit avec précision et la gamme des commandes est simple et bien mise en œuvre tout en étant riche et variée grâce au système de combat flexible qui vous permet de combiner des capacités surnaturelles créatives avec des armes et des talismans. Dans le menu, vous pouvez aller débloquer des capacités et des pouvoirs spéciaux, dans la limite de 10, ce qui nous permettra d’être en mesure de voir à travers les murs, nous téléporter, ralentir le temps, de convoquer un groupe de rats affamés et posséder même d’autres personnes. Ces compétences peuvent être débloquées et renforcées par des runes magiques à chercher partout dans la ville. Notre protagoniste dispose de deux barres, celle de la vie et l’une de mana qui nous permet de nourrir nos pouvoirs surnaturels.

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Corvo dispose également d’un panel de mouvement propre à un meurtrier qui facilite l’infiltration et l’élimination des gardes silencieusement pour surprendre les victimes par derrière, les frapper pour les assommer ou les tuer sur place par des animations brutales et rapides et spectaculaires. L’escalade est une manœuvre essentielle, et combinée avec la puissance de la téléportation, nous pouvons atteindre des positions élevées. Ces points d’observation permettent d’explorer et de trouver des routes alternatives ou des ennemis potentiels et ainsi d’être en mesure d’étudier notre propre stratégie. Les autres actions qui peuvent être effectuées comme cacher et se débarrasser des corps sont cruciales dans un jeu comme celui-ci : les ombres, un conteneur, un groupe de rats affamés ou les eaux avec leurs poissons voraces sont autant d’options très attrayantes pour éviter l’œil importun d’une patrouille civile ou de gardes.

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Dishonored nous invite à agir avec furtivité et précision. C’est là que réside son charme et où notre personnage est le plus redoutable. Les combats directs finissent souvent mal et ne sont généralement pas recommandés, mais il y aura des moments où ils sont inévitables et le fracas des lames et le doux bruit du pistolet étoufferont le silence. Une des clés du combat est de savoir parer au bon moment, ce qui nous permet de déséquilibrer l’ennemi et de l’attaquer avec avantage. Changer d’armes lors de ces escarmouches avec le pistolet, l’arbalète ou un pouvoir spécial comme le ralenti ou l’invocation de rats sont autant de stratégies. Outre ces pouvoirs et ces armes habituelles, nous avons à notre disposition un certain nombre de talismans qui nous accordent des bonus spéciaux, tels que la récupération de la vie ou une petite chance que l’ennemi ne parvienne pas à effectuer son tir sur nous, etc. Ces avantages magiques peuvent être activés à partir du même menu dans lequel nous pouvons gérer notre inventaire, l’état des principales missions, les tâches secondaires et la personnalisation des armes de la roue, des raccourcis rapides et des capacités spéciales. Peu de variété d’armes mais ce n’est pas quelque chose qui soustrait du plaisir, la véritable arme du jeu étant Corvo, son poignard froid et sa capacité à passer inaperçu. L’arbalète et le pistolet peuvent être améliorés à mesure que nous avançons dans l’aventure, mais nous pouvons aussi obtenir, en échange d’argent, d’autres munitions et d’autres améliorations pour notre équipement.

Ecouter des conversations, apprendre à observer l’environnement et parler avec les autres personnages est souvent fondamental et précieux en indices pour atteindre nos objectifs et profiter de la merveilleuse expérience que propose Dishonored. Il est même possible de mener à bien nos missions sans se salir les mains ou de décider à tout moment quel genre de meurtrier nous voulons être et comment nous réalisons notre vengeance. C’est là que l’on vous parle du « Chaos », un système invisible qui permet de suivre notre style de jeu. Nos actions ont leurs conséquences sur la ville. Selon ce que nous effectuons, notre utilisation de la furtivité et de la force brute, le nombre de rats et/ou d’affligés varie. Des personnages réagissent différemment et nos actions vont nous emmener vers l’une des trois grandes fins du jeu.
Comme vous pouvez le voir, Dishonored est un jeu qui vous invite à rejouer parce qu’à chaque fois que nous avons terminé une mission, il existe cette inconnue : qu’est ce qui serait arrivé si nous avions fait différemment.
Avant que quiconque demandent où est le mode multijoueur, la réponse est simple, claire et directe. Il n’y en a pas l’utilité. Le jeu réside dans l’histoire principale, les différentes façons de jouer pour atteindre les objectifs, les tâches annexes et les défis à relever et leurs différents aboutissements.

Conclusion

Un titre qui est différent, unique, original et frais, qui a su capturer les influences d’autres grands jeux, mais aussi s’écarter des propositions des FPS typiques. Arkane Studios offre une expérience qui n’est pas conforme à l’infiltration conventionnelle où l’on tombe dans la vulgarité de la fusillade commune. Nous pouvons utiliser nos pouvoirs mais aussi l’environnement et les éléments qui le composent qui sont également importants et plein de possibilités qui peuvent être utilisés en notre faveur. Un jeu qui récompense la patience, la créativité, l’observation et l’improvisation sur l’agressivité et le combat direct. Le triomphe de l’ingéniosité sur la force brutale par un large système de combat, flexible, qui, avec les possibilités de l’environnement, complète une expérience unique et ainsi se complait dans l’art de la tactique sans être vu. Un grand jeu qui peut faire rougir un certain nombre de FPS, et ce sans faire usage de superbe graphique, ou de multijoueur d’aucune sorte, seulement avec son style et son gameplay.

Le verdict

9Incroyable

On aime : Une nouvelle référence dans l’infiltration et la furtivité d’un point de vue subjectif
Une aventure action à la première personne différente et unique, très agréable à jouer
Les possibilités offertes par Corvo et Dunwall
Le grand défi de terminer toute l’aventure sans tuer qui que ce soit
Le thème musical du jeu un régal pour les oreilles

On n’aime pas : Sa conception artistique est au-dessus de son parti pris graphique
L’expérience est si bonne que nous sommes impatients de retrouver Corvo et Dunwall
Il aurait été apprécié un peu plus de variété dans les modèles de personnages secondaires (ennemis et civils) et un peu plus d’activités ou d’environnements dans la ville


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